Visa pour la Chine: la galère

La Chine, on peut le dire, est un pays de psychopathes de l’immigration ! Il nous faut en plus des billets d’entrée et de sortie, décrire dans les moindre détails notre voyage, avec surtout la preuve de résidence à chaque jour du voyage. Pour nous qui prévoyions de voyager à l’arrache, rien de moins évident à fournir !

Les pièces justificatives

Les documents que nous avons dû fournir sont:

  1. Une entrée en Chine

  2. Le parcours détaillé de chaque jour de voyage dans le pays avec les preuves de résidence

  3. Une sortie de Chine

  4. une assurance de voyage bien en règle aux dates du voyage

  5. Une jolie photo d’identité

  6. Et Un bon gros formulaire à remplir soigneusement

Pour le premier point, pas de soucis, notre vol Helsinki-Hong Kong a fait l’affaire.

En ce qui concerne le deuxième point, aucun problème: nous avons réservé des nuits d’ hôtels sur booking.com que nous annulerons par la suite! J’en ai même profité pour réserver une petite nuit dans un fameux hôtel à capsule à Shenzhen pour 9€/personne/nuit!

En revanche, pour le billet de sortie, ce fut une petite galère car nous avions prévu de sortir de la Chine par voie terrestre (pour aller vers le Viêt Nam)  et impossible d’acheter le billet de train en avance.

Après avoir considéré toutes les options possibles, nous avons finalement opté pour un billet d’avion factice sortant de Chine, le moins cher possible évidemment. Malheureusement, impossible de trouver un billet bon marché correspondant à la bonne date (sortie de Chine le 15 février, jour de nouvel an chinois). Après beaucoup d’hésitations, nous avons décidé d’acheter un billet Hong Kong -Hanoi le 1 février pour la modique somme de 40€ !Et hop, nous avions toutes les pièces justificatives… Mais nous n’étions pas au bout de nos peines !

Le centre d’immigration chinois de Bruxelles

C’est donc avec un mélange d’optimisme et d’appréhension, que je me suis rendu au centre de d’immigration chinois de Bruxelles ou plutôt de Roodebeek, une petite commune aux alentours de Bruxelles.

Le monsieur belge de l’accueil me demande tout de suite de montrer les documents. Je ressens une pointe de stress quand il inspecte les faux billets d’avion. Heureusement, il passe machinalement à la suite, sans broncher. Il lit très rapidement les réservations d’hôtel, tout semble être en ordre. Soudain, son regard s’assombrit:

« Monsieur, ça ne va pas passer, hein ! » me dit-il avec un accent belge bien agacé. « Ah ça c’est sûr ça ne passe pas ! »

Il me montre la photo d’identité d’un air presque revanchard. « Vous voyez le fond, il est gris… Et bien il faut qu’il soit blanc ! Et en plus vous avez écrit en bleu dans le formulaire… Aucune chance ! »

Sans le moindre sourire, l’employée chinoise me confirme le verdict et m’invite à revenir un autre jour. Elle me dit que pour être sûr mieux vaut prendre la photo dans l’unique photomaton qui fait des photos en fond blanc: celui du centre d’immigration chinois. Céline est bonne pour m’accompagner le lendemain. À la sortie je croise une jeune femme qui lâche toute sa frustration : « Moi, ça fait 5 fois que je viens, je n’en peux plus ! La dernière fois c’est pas passé à cause des boucles d’oreilles, là c’est parce que mon pull est trop clair, ras le bol! »

Le lendemain, nous revenons donc et filons directement au photomaton chinois. Céline passe la première, un peu paniquée: il ne faut pas se louper. Je deviens parano « Tu as enlevé tes boucles d’oreilles ? » « Attends ton pull, il est un peu clair non ?  » « ta tête est trop grosse là, non ? » « ton oreille est pas un peu cachée par une mèche de cheveux ? » « Je la sens pas cette photo, refais-là »

Finalement, on se rend au guichet convaincus que ça ne va pas passer. L’employée chinoise relit froidement nos documents. Elle passe sur nos  fausses réservations d’avion en un éclair, et quand elle arrive aux fameuses  photos, elle s’arrête soudain, inspecte les photos dans les moindres détails, et après un instant, sort son tampon, tamponne un bout de papier et nous dit avec un accent chinois froid : « You can come back in four days ». On a eu chaud, c’est juste avant notre départ pour Paris.

À mon retour quatre jours plus tard, je me fais accueillir par une chinoise cette fois très souriante mais qui n’a décidemment pas l’air pressée de me donner les passeports. Elle discute avec un de ses collègues. Je n’arrive pas à comprendre un mot de ce qu’ils racontent, mais on est clairement dans une conversation du style « tu penses qu’il va faire beau demain ». 10 bonnes minutes plus tard, elle daigne enfin chercher les passeports. Je lui tends ma carte bleue pour payer le visa. Elle me lance un regard confus: « Bancontact or cash ». Je trifouille mon porte-monnaie… Pas un sou. Elle me dit « You need to come back tomorrow, because I will close in 15 minutes ». Impossible, on est à Paris le lendemain. Je la supplie de bien vouloir m’attendre et cours à la recherche d’un distributeur.

À Roodebeek, pas de distributeur à moins d’un km. Je me mets à courir désespérément dans tous les sens, trouve un distributeur, et revient complètement essoufflé et transpirant au centre de visa pile dans les temps. La dame chinoise a l’air un peu embarrassée de m’avoir mis dans cet état là et me dit avec un accent chinois chaleureux cette fois-ci : « Do you need tissue? » Elle me tend la serviette avec un petit chocolat. « It’s good for energy ! » Elle me remet les passeport avec les précieux sésames : « Have a very good trip ! »

Résultat des courses: 126€ ( prix du visa) + 40€  (prix du billet d’avion que nous n’avons pas utilisé) = 166€ !

 

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