Muang Noi : une idée du bout du monde

Pour rejoindre Muang Noi, point de répit. 3 bonnes heures depuis Luang Prabang (elle-même à 7h de la capitale) puis une heure de bateau sur une rivière se jetant dans le Mekong. Impossible d’atteindre notre destination autrement car aucune route ne la rejoint. Autant dire que Muang Noi, c’est le bout du monde !

Nous arrivons donc à Muang Noi en fin d’après-midi à bord d’une longue pirogue motorisée. Le petit village apparaît devant nous, au pied de montagnes vertes et arrondies. A peine descendus, on nous redirige vers un petit hôtel à côté de l’embarcadère. Pour 50 000 kips (5€), nous avons le droit à une petite chambre en bois avec vue sur la rivière. Nous acceptons sans hésiter.

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Au programme, un bon repos bien mérité. Nous profitons du calme du village pour nous ressourcer : micro- ballades aux alentours et rêveries autour du fleuve. Nous décidons tout de même de nous mesurer à Phaboom, la petite montagne juste à côté du village. La vue y est, paraît-il, somptueuse. Et en plus rien de bien méchant selon Céline : nous pourrons continuer notre repos en prenant l’air !

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Une randonnée en enfer

Nous escaladons alors les premières marches à fière allure, en respirant l’air frais de la forêt tropicale à plein nez. C’est agréable de se dégourdir les jambes ! Quelques minutes plus tard, nous voilà déjà à chercher notre souffle : c’est plus raide que prévu ! Nous acceptons le défi et continuons à grimper. Au bout d’une demi-heure, nos vêtements sont trempés de sueur. La petite grimpette s’est soudainement transformée en drôle de partie d’escalade. Nous voilà dans la boue, à utiliser nos mains pour poursuivre la raide montée. Heureusement que les Lao ont mis des cordes pour nous faciliter la tâche !

Au bout d’une heure et demi de marche/escalade, nous commençons à nous impatienter… Où est cette foutue vue ?! Et voilà donc qu’il n’y a plus de corde pour grimper ! Et ça glisse cette boue ! Nous sommes quittes pour grimper à quatre pattes en nous aidant des bambous sur les côtés du chemin. Mètre par mètre, bambou par bambou. Une demi-heure plus tard, alors que nous dégoulinons toujours plus de sueur, nous nous retrouvons face à un rocher vertical, là ça devient carrément trop dangereux. C’est l’obstacle de trop, nous renonçons. Et nous apprendrons plus tard par d’autres routards que ce rocher était l’ultime obstacle avant la vue…

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La descente est raide, nous la faisons sur les fesses, dans la boue. Et pour ne pas prendre trop de vitesse dans ce toboggan de la mort, nous nous accrochons à ce que nous pouvons : les rochers, et parfois les bambous. Pour couronner le tout, la pluie s’invite à notre descente qui petit à petit devient de plus en plus périlleuse. Comme à la montée, nous descendons mètre par mètre. Pas de précipitation. Et nous glissons à plusieurs reprises, prenons de la vitesse sur les fesses, nous accrochons désespérément aux bambous pour ne pas dégringoler la montagne. Mon short s’en souvient encore : après plusieurs lavages, il garde encore les traces marronatres de cette descente sur le popotin !

Soudain, alors qu’elle se trouve justement sur les fesses, Céline se met à glisser dans la boue. Une accélération aussi involontaire que foudroyante la propulse déjà quelques mètres plus bas dans le chemin. Pour freiner, elle accroche les bambous comme à notre habitude. Catastrophe, un des bambous est fendu et lui coupe le doigt d’une plaie très profonde. Son pauvre petit doigt est complètement décharné et le sang coule abondamment… Nous stoppons l’hémorragie rapidement grâce à un tissu servant normalement d’étui pour les lunettes. Nous poursuivrons la descente, avec un doigt en moins pour Céline, qui courageusement serre les dents !

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Le bout du monde : pas de répit pour les bobos

Une bonne heure plus tard, nous arrivons enfin au pied de la colline,  et nous mettons très rapidement à la recherche d’un médecin ou d’une infirmerie. Le doigt de Céline est ouvert très profondément, nous craignons qu’il faille le recoudre. Une Lao sur notre chemin nous vient en aide : « Doctor, just there ! » nous dit-elle en indiquant une petite cabane.

Nous nous rendons à la petite cabane et voyons un petit et vieux monsieur torse et pieds nus : c’est donc lui le fameux docteur. Il applique une poudre étrange sur le doigt de Céline, qui la fait hurler de douleur, ce qui le fait bien marrer. Il appliquera ensuite un sparadrap sur la blessure. Terrible erreur, car lorsque nous avons du l’enlever, le bout de doigt de Céline a failli partir avec !!! Le vieux monsieur, tout fier de sa besogne, nous fera un grand sourire avant de nous laisser partir.

Nous filons vers Luang Prabang, la « grande » ville la plus proche, en quête de soins d’urgence.

 

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