Après notre périple en moto dans le sud, nous continuons notre route vers le nord par un bus de nuit où nous avons eu peur d’y laisser notre vie. Le bus, extrêmement vétuste, blindé de cartons, bagages, et autres sacs de riz, roulait à fond, et penchait bien à droite. Nous avons tenté de dormir complètement allongés dans les espaces improvisés en « couchettes », en vain, constamment réveillés par la chaleur du moteur, les sauts lorsque nous roulons sur des bosses et les freinages brutaux. Il fallait au moins ça pour mériter Luang Prabang, la ville la plus chic du Sud-Est asiatique.
Vientiane, une capitale propre mais très minimaliste
Après une courte nuit donc, nous faisons une petite escale à Vientiane, où nous découvrons une capitale paisible et authentiquement laotienne. Nous sommes abordés par de jeunes laotiens qui nous font remplir des questionnaires en guise de devoir d’anglais et nous observons de notables efforts d’aménagement urbain. Ah ca fait plaisir de voir un peu de dynamisme de la part des laotiens qui ne m’avaient pas habitués à ça !
Je me mets même à participer à leurs danses endiablées au coucher du soleil sur le bord aménagé du fleuve.

Une ville qui nous ravit donc par son dynamisme, dont nous n’avons pas été habitués au Laos. J’ai d’ailleurs perdu mon calme avec les réceptionnistes de notre auberge où tout avait l’air siiii compliqué et surtout siiii fatigant. Prendre la réservation, nous vendre une bouteille d’eau, tout est complexe et épuisant pour nos hôtes. Pour la suite du voyage, j’apprends donc à garder mon sang froid et à ne pas m’agacer lorsqu’une heure plus tard, personne n’est venu prendre notre commande. C’est ça la mentalité lao : « cool Raoul ».
Nous garderons de Vientiane l’image d’une toute petite capitale plutôt propre comparée à ses sœurs asiatiques, relativement dynamique comparée au reste du pays, et très minimaliste en termes d’architecture et de culture. Nous n’y passerons d’ailleurs qu’une journée même si beaucoup de touristes nous avaient recommandé de ne pas y mettre les pieds du tout.
Luang Prabang, la classe tranquille
Après une escale à Vang Vieng dans le centre du pays, nous rejoignons la deuxième plus grande ville du pays, autrement connue pour son grand attrait touristique : Luang Prabang.
A Vang Vieng, nous passons une autre journée dans les montagnes laotiennes
Ville classée au patrimoine mondiale de l’Unesco, Luang Prabang ne ressemble en rien au reste du pays : très chic, de très belles maisons et villas en bois s’articulent autour du fleuve et de la végétation luxuriante et fleurie. Le calme de la ville a tout du Laos, mais l’architecture donne le sentiment que nous arpentons une ville prospère et riche en culture.
Nous visitons ses belles cascades, et avons la chance d’assister à une importante cérémonie bouddhiste : celle de la fin du nouvel an Lao qui aura duré plus d’une semaine.

Le bouddha est nettoyé à l’eau et replacé à l’intérieur du temple pour commencer la nouvelle année de bon pied. Tout le monde fait des offrandes aux moines, prie, suit le bouddha dans une procession très joyeuse et lance fleurs et billets au ciel !
Nous apprécierons tellement les charmes et la tranquillité de cette ville que nous y resterons au total 6 nuits. Flâner dans les ruelles, s’asseoir à la terrasse d’un restaurant, déambuler dans le marché nocturne, grimper sur le sommet du mont Phousi : telles furent nos activités durant le séjour.

Et n’oublions pas l’aumône aux moines bouddhistes à 6h du matin. Il s’agit d’une tradition millénaire qui consiste à donner des offrandes (du riz collant, des friandises…) aux moines au lever du soleil afin d’améliorer son Karma. Les moines en robe couleur safran déambulent dans les rues où les passants s’agenouillent pour donner leurs offrandes. Le spectacle est en théorie assez joli. Seulement, l’évènement s’est transformé en cirque touristique dans lequel les touristes – pour la plupart chinois – venus nombreux se joignent à l’offrande dans un grand vacarme assourdissant, et sous les flashs éblouissants des appareil photos. Les touristes sont tellement nombreux que les moines reçoivent trop de nourriture et sont obligés de tout jeter dans les poubelles se trouvant en fin de procession, sous notre nez ! Quel gâchis pour un pays aussi pauvre ! Nous avons regretté d’avoir pris part à cette mise en scène touristique, malgré de jolies images.

2 réflexions sur “Luang Prabang, une ville bien chic !”